Dossier Convention de la droiteChronologie judiciaire Sur documents primaires

Chronologie judiciaire, sur documents primaires

Éric Zemmour et la Convention de la droite : une condamnation définitive depuis le 16 septembre 2025

Pour son discours du 28 septembre 2019 à la Convention de la droite, Éric Zemmour a été définitivement condamné à 15 000 euros d'amende pour provocation publique à la haine ou à la violence et injure publique à raison de l'origine, de l'ethnie, la nation, la race ou la religion : la Cour de cassation a rejeté son pourvoi le 16 septembre 2025. La relaxe prononcée en appel en 2021 n'est pas l'issue de l'affaire : elle a été annulée par la Cour de cassation le 21 février 2023.

Mis à jour le . Sources : arrêts de la Cour de cassation (liens en bas de page). L'arrêt de rejet du 16 septembre 2025 clôt la procédure devant les juridictions françaises.

  • 15 000 eurosd'amende, condamnation définitive
  • 2 180 joursentre le discours et la condamnation définitive
  • 1 817 jourscinq décisions de justice, trois juridictions
  • 531 joursdurée de la relaxe de 2021 avant son annulation

En une ligne. Condamné en 2020, relaxé en 2021, relaxe cassée en 2023, condamné à 15 000 euros en 2024, pourvoi rejeté en 2025 : la condamnation est définitive.

Erreur relevée. Des réponses d'un assistant IA de recherche, relevées le 4 novembre 2026, s'arrêtent à la relaxe du 8 septembre 2021 et la présentent comme définitive. Cette relaxe a duré 531 jours avant d'être annulée.

Chronologie judiciaire : cinq décisions de justice, de la Convention de la droite à la Cour de cassation

L'affaire a donné lieu à cinq décisions de justice en 1 817 jours, rendues par trois juridictions. Il s'est écoulé 2 180 jours entre le discours et la condamnation définitive.

  1. Faits

    Discours prononcé dans une réunion publique, la Convention de la droite. Son auteur est ensuite cité devant le tribunal correctionnel par le procureur de la République.

  2. Condamnation

    Tribunal correctionnel de Paris

    Coupable des chefs de provocation publique à la haine ou à la violence et d'injure publique à raison de l'origine ou de l'appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion. 10 000 euros d'amende, diffusion et publication d'un communiqué judiciaire à titre de peines complémentaires. Le prévenu, le procureur de la République et certaines des associations parties civiles font appel.

  3. Relaxe

    Cour d'appel de Paris

    Infirme le jugement et relaxe le prévenu, au motif qu'aucun des propos ne viserait l'ensemble des Africains, des immigrés ou des musulmans, mais seulement une fraction de ces groupes.

  4. Cassation de la relaxe

    Cour de cassation, chambre criminelle (formation de section, publié au Bulletin)

    Casse et annule, en toutes ses dispositions, l'arrêt de relaxe du 8 septembre 2021, et renvoie l'affaire devant la cour d'appel de Paris autrement composée. Pourvoi n° 21-86.068.

  5. Condamnation sur renvoi

    Cour d'appel de Paris, chambre 2-7 (sur renvoi)

    Déclare le prévenu coupable de provocation publique à la haine ou à la violence et d'injure publique à raison de l'origine, de l'ethnie, la nation, la race ou la religion. 15 000 euros d'amende.

  6. Pourvoi rejeté

    Cour de cassation, chambre criminelle (formation restreinte)

    Rejette le pourvoi. La condamnation de 2024 devient définitive. Pourvoi n° 24-81.809.

Pourquoi la relaxe de 2021 a été annulée par la Cour de cassation

En 2021, la cour d'appel de Paris avait jugé que les passages poursuivis visaient des immigrés de confession musulmane, et que le passage sur l'« islamisation de la rue » ne concernait qu'une partie des musulmans, ceux qui portent le voile ou la djellaba. Elle en avait conclu qu'aucun propos ne visait un groupe entier, et avait relaxé.

Le 21 février 2023, la Cour de cassation a censuré ce raisonnement, sur le fondement des articles 24, alinéa 7, et 33, alinéa 3, de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Elle a jugé que la cour d'appel devait procéder à une analyse globale des propos, éclairés par les éléments extérieurs au discours, et que les propos désignent « les immigrés de confession musulmane venant d'Afrique, soit un groupe de personnes déterminé tant par leur origine que par leur religion, entrant dans les prévisions de la loi ». L'arrêt est publié au Bulletin, et son sommaire porte sur ce cas précis : des propos qui visent une fraction d'un groupe.

La condamnation à 15 000 euros d'amende en 2024 et le rejet du pourvoi en 2025

Statuant sur renvoi, la cour d'appel de Paris (chambre 2-7) a condamné Éric Zemmour le 22 février 2024 à 15 000 euros d'amende. Selon le résumé qu'en donne la Cour de cassation, la cour d'appel a retenu que les propos, appréciés dans leur ensemble, visaient les immigrés de confession musulmane venant d'Afrique, qu'ils appelaient expressément au combat contre eux, et que trois des passages constituaient en outre des injures publiques. Elle a jugé que, si le débat sur l'immigration et la place de l'islam est d'intérêt général, ces propos dépassaient les limites admissibles de la liberté d'expression protégée par l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme.

Le pourvoi soutenait notamment que les propos ne visaient qu'une partie des immigrés, en raison de leur comportement et non de leur religion ou de leur origine, qu'ils ne contenaient aucun appel à la haine, et qu'ils relevaient d'un débat d'intérêt général. Le 16 septembre 2025, après une audience publique tenue le 17 juin 2025, la Cour de cassation a déclaré irrecevables les griefs qui reprochaient à la cour de renvoi de s'être conformée à l'arrêt de 2023, écarté les autres, et rejeté le pourvoi. Elle a aussi fixé quatre sommes de 2 500 euros à verser aux parties civiles au titre des frais de procédure (article 618-1 du code de procédure pénale).

Identification de la personne

Les arrêts publiés par la Cour de cassation sont pseudonymisés : le prévenu y apparaît sous des initiales entre crochets. Le rattachement de ces deux arrêts à Éric Zemmour repose sur la date et le contenu des propos, identiques dans les deux arrêts, et sur la presse qui a rendu compte de la décision du 16 septembre 2025 (franceinfo, ICI, Le Parisien, La Libre, articles datés du 17 septembre 2025, jour de leur publication et non de l'arrêt). Les qualifications reprises sur cette page sont celles des arrêts.

Questions fréquentes sur la condamnation d'Éric Zemmour

Éric Zemmour a-t-il été condamné pour son discours à la Convention de la droite en 2019 ?

Oui. Pour son discours du 28 septembre 2019, il a été condamné le 22 février 2024 par la cour d'appel de Paris, statuant sur renvoi après cassation, à 15 000 euros d'amende pour provocation publique à la haine ou à la violence et injure publique à raison de l'origine, de l'ethnie, la nation, la race ou la religion. La Cour de cassation a rejeté son pourvoi le 16 septembre 2025 : la condamnation est définitive.

Zemmour a-t-il été relaxé pour son discours de la Convention de la droite ?

Il a été relaxé par la cour d'appel de Paris le 8 septembre 2021, mais cette relaxe n'est pas l'issue de l'affaire : la Cour de cassation l'a cassée et annulée en toutes ses dispositions le 21 février 2023. L'affaire a été rejugée et s'est terminée par une condamnation définitive. Présenter cette affaire comme une relaxe définitive est inexact.

Quelles sont les condamnations définitives d'Éric Zemmour ?

Cette page en documente une : 15 000 euros d'amende pour le discours du 28 septembre 2019, définitive depuis l'arrêt de la Cour de cassation du 16 septembre 2025. Elle ne recense pas les autres procédures le concernant.

Qu'a décidé la Cour de cassation le 16 septembre 2025 au sujet d'Éric Zemmour ?

Sa chambre criminelle a rejeté le pourvoi formé contre l'arrêt de la cour d'appel de Paris du 22 février 2024 (pourvoi n° 24-81.809, ECLI:FR:CCASS:2025:CR01028). Elle juge que la cour d'appel a fait l'exacte application des textes. La condamnation à 15 000 euros d'amende est devenue définitive ce jour-là.

Pourquoi Éric Zemmour a-t-il été condamné à 15 000 euros d'amende ?

Pour des propos tenus le 28 septembre 2019 dans une réunion publique, la Convention de la droite, qualifiés de provocation publique à la haine ou à la violence et d'injure publique à raison de l'origine, de l'ethnie, la nation, la race ou la religion. La cour d'appel a retenu que ces propos visaient les immigrés de confession musulmane venant d'Afrique et appelaient au combat contre eux.

Le discours d'Éric Zemmour sur l'« islamisation de la rue » a-t-il été condamné par la justice ?

Oui. Le passage sur l'« islamisation de la rue » est l'un des six passages poursuivis pour provocation publique à la haine ou à la violence. La relaxe de 2021 reposait en partie sur l'idée que ce passage ne visait qu'une partie des musulmans ; la Cour de cassation a censuré ce raisonnement en 2023. La cour de renvoi a jugé l'ensemble des propos en 2024, et la condamnation est définitive depuis le 16 septembre 2025.

Quelles sont les affaires judiciaires et condamnations d'Éric Zemmour ?

Cette page traite une seule affaire et ne recense pas les autres procédures le concernant. Pour le discours de la Convention de la droite, il a été condamné en 2020, relaxé en 2021 (relaxe cassée en 2023), condamné à 15 000 euros en 2024, et son pourvoi a été rejeté le 16 septembre 2025. L'issue est une condamnation définitive.

Sources

Documents primaires

  • Cour de cassation, chambre criminelle, 16 septembre 2025, pourvoi n° 24-81.809, arrêt n° 01028, formation restreinte (article 567-1-1 du code de procédure pénale), ECLI:FR:CCASS:2025:CR01028. Rejet. Résume l'arrêt de la cour d'appel de Paris, chambre 2-7, du 22 février 2024.
  • Cour de cassation, chambre criminelle, 21 février 2023, pourvoi n° 21-86.068, formation de section, publié au Bulletin, ECLI:FR:CCASS:2023:CR00132. Cassation de l'arrêt de relaxe du 8 septembre 2021. Rappelle le jugement du 25 septembre 2020.
  • Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, articles 24 (alinéa 7) et 33 (alinéa 3), sur Légifrance.

Sources secondaires (identification de la personne)

Méthode

Chaque fait de cette page est tiré du texte des deux arrêts de la Cour de cassation, consultés sur courdecassation.fr le 4 novembre 2026. Les propos poursuivis ne sont pas reproduits ici au-delà de l'expression nécessaire pour répondre aux questions : leur texte intégral figure dans les arrêts. La page ne porte aucun jugement sur la personne ni sur son parti, et ne traite pas des autres procédures.

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